Garden Party : 2400 Amuse-Bouches !

2400 AMUSE-BOUCHES DISPARUS EN UN CLIN D’OEIL !

La Garden Party GaultMillau a démarré en fanfare grâce à la dream team des Grandes Tables de Suisse.

IL FAUT ÊTRE A L’HEURE POUR LA FÊTE 

Les amuse-bouches sont bien rangés sur leurs plateaux, serrés les uns contre les autres. Mais les invités de la Garden Party GaultMillau sont si nombreux au Grand Resort Bad Ragaz qu’il faut un peu jouer des coudes pour accéder à ces petits délices, préparés par quatre membres des Grandes Tables de Suisse: Patrick Mahler (Focus, au Park Hotel Vitznau), Pascal Steffen (Roots, à Bâle), Tobias Funke (Fernsicht, à Heiden) et Romain Dercile (Fleur de Sel, à Cossonay). Ces chefs étoilés n’ont pas chômé puisque, au final, ce sont 2400 amuse-bouches qui ont été proposés aux convives. Un travail de Titan, dévoré en un clin d’œil. Dommage pour ceux qui sont arrivés en retard, même de quelques minutes. Par exemple, Patrick Mahler n’a cessé de remplir ses tartelettes de foie gras de canard qu’il nappait d’un peu de tartare de bœuf, avec l’aide de Raul Garcia, son talentueux sous-chef, toujours à ses côtés.

 

 

DEMANDE ENVOYÉE LA NUIT

«Notre président Guy Ravet m’a envoyé un mail au milieu de la nuit. Nous étions en train de finaliser l’organisation d’un événement, j’ai donc pu lui répondre immédiatement», explique le chef. Son collègue Pascal Steffen se faisait aussi un point d’honneur à participer à la fête. Le chef bâlois aux 17 points aime, à titre personnel, se rendre à ce genre d’événements. Mais aujourd’hui, il voulait changer, voir comment ça se passe de l’autre côté du miroir. «Nous devons de temps en temps accepter ce genre de proposition, qui permet de nous faire connaître. De plus, cette garden party est, pour nous, comme une réunion d’anciens élèves».

 

THE NEW KIDS ON THE BLOCK

On rencontre habituellement Romain Dercile, également chef couronné de 17 points, dans les cuisines du restaurant La Fleur de Sel, à Cossonay. Mais aujourd’hui, il était lui aussi à Bad Ragaz, en train de préparer une tartelette au chou-fleur et à l’ail noir. «J’étais assez serein, même si c’est la première fois que je viens ici». Tobias Funke n’avait pas non plus l’air nerveux. Gérer son stress, ce chef touche-à-tout sait faire. «C’est un peu mouvementé au début, mais ensuite nous pouvons profiter de l’événement».

UN PRÉSIDENT DYNAMIQUE

Si les Grandes Tables de Suisse alignent une équipe aussi capée à la Garden Party, c’est grâce aux efforts de leur président, Guy Ravet, qui a apporté un vent de fraîcheur et surtout du sang neuf à l’association. «Les Grandes Tables étaient un peu démodées. Je voulais favoriser l’arrivée d’une nouvelle génération. Pascal Steffen et Tobias Funke ont été les premiers a avoir été convaincus. Leur décision m’a beaucoup a aidé, puisque, ensuite, de nombreux chefs ont suivi. Aujourd’hui, c’est à nouveau bien vu de faire partie des Grandes Tables». Mais comment le président a-t-il choisi les chefs pour la Garden Party? «Pas mal de membres étaient intéressés. Les plus rapide à répondre ont été retenus. Ceci dit, je veille quand même à un certain équilibre, par exemple avec la présence de Romands et d’Alémaniques».

TOUT EST PARTI EN UN RIEN DE TEMPS

Et donc, au final, quel bilan pour cette présence des Grandes Tables à la Garden Party? «Je suis très satisfait!», assure Guy Ravet. Et il semble bien que les invités ont été, eux aussi, très satisfaits. Les quatre chefs ont vu leurs préparations disparaître en un rien de temps. «Heureusement, j’avais emporté plus d’ingrédients que ce qui était officiellement nécessaire. Mon équipe a pu proposer davantage de tartelettes que prévu», sourit Patrick Mahler. Mais même avec ces suppléments, les amuse-bouches n’ont pas duré longtemps.

Texte: Kathia Baltisberger | Photos: Olivia Pulver

Assemblée Générale 2023

ASSEMBLÉE ANNUELLE DANS LE JARDIN DU GRAND HÔTEL DU LAC À VEVEY 

BONNE HUMEUR AU JARDIN

L’assemblée générale annuelle de l’association des chefs des Grandes Tables de Suisse a permis aux cuisiniers venus de toute la Suisse de passer l’après-midi au jardin du Grand Hôtel du Lac à Vevey, le nouveau lieu de travail de leur président, Guy Ravet. Ce dernier a redonné du lustre à l’association grâce à son grand engagement personnel :«Beaucoup de choses ont changé chez nous, et c’est un plaisir d’en faire partie», a déclaré le chef vedette.

 

 

LES NOUVEAUX MEMBRES 2023

Grande photo en haut: Mattias Roock (Castello del Sole, Ascona), Federico Paladino (Osteria Enoteca Cuntitt, Castel San Pietro), Samuel Carugati (Krone, St. Moritz), Lukas Kiener (Zur Gedult, Burgdorf), Mohamed Azeroual (La Cène, Fribourg), Richard Stöckli (Alpenblick, Wilderswil), Clément Bourgeois (Le Soleil de Châtillon, Châtillon), Nicolas Darnauguilhem (La Pinte des Mossettes, Cerniat), Grégory Wyss (Gerber Wyss Restaurant, Yverdon-les-Bains), Mike Wehrle (Bürgenstock Resort, Obbürgen), Mauro Capelli (Restaurant du Théàtre, Monthey) et le président des GTS, Guy Ravet, de gauche à droite.

DIVERSITÉ ET ENGAGEMENT. L’un des rares points à l’ordre du jour de l’AG était bien entendu l’admission de nouveaux membres – onze nouveaux membres en 2023, six ont quitté les Grandes Tables suite à des démissions ou à des départs à la retraite. Parmi les nouveaux membres, on trouve le maître d’œuvre de Bürgenstock, Mike Wehrle, responsable de quatre restaurants GaultMillau dans le resort avec vue sur le lac des Quatre-Cantons. «J’aime la diversité et l’engagement des Grandes Tables», explique le chef exécutif pour justifier son adhésion.

 

DES CUISINIERS AVEC DU POTENTIEL. Alors que de nombreux jeunes cuisiniers de toutes les régions du pays ont rejoint les Grandes Tables au cours des deux dernières années, la croissance n’est plus centrale pour Guy Ravet: «Si cinq ou six bons collègues rejoignent les Grandes Tables chaque année, cela me fait plaisir. Je cherche des cuisiniers qui ont peut-être 15 ou 16 points, mais qui ont le potentiel d’en avoir 17 ou 18», déclare le chef à la tête des deux restaurants du Grand Hôtel du Lac, à Vevey.

LE PLAT DU JOUR. Pour la partie récréative de cette réunion annuelle, Guy Ravet et le secrétaire général Kurt Eicher se sont inspirés de la Garden Party du GaultMillau. «Les gens y prennent plus de plaisir qu’à une soirée de gala formelle, explique Ravet. D’éminents chefs romands seront présents aux différents postes de cuisine: chez Stéphane Décotterd, par exemple, on dégustera de l’omble chevalier à la chair translucide accompagné d’une sauce au subtil arôme boisé et d’une pomme de terre confite. Marie Robert propose un magnifique ravioli aux moules et aux asperges. Mais LE plat du jour se trouve à la station numéro deux, chez Franck Giovannini: la langoustine en cuisson lente en sauce aux herbes, accompagnée d’un flan de langoustines et de fleurs de courgettes. Un régal pour les yeux et les papilles.

 

L’AFFAIRE DU BRAS DE GIOVANNINI. Pour des occasions comme celle-ci, il a une méthode très simple, explique le chef aux 19 points Giovannini, un verre de Laurent-Perrier La Cuvée Brut à la main: «J’attends toujours que tout le monde ait décidé de ce qu’il va cuisiner, puis je choisis un produit que personne d’autre ne prépare». Son plat affiche une esthétique impeccable, malgré le fait que le chef de 49 ans souffre encore des séquelles d’un accident :«Je me suis blessé à l’épaule en faisant du ski cet hiver et je ne peux toujours pas lever mon bras correctement», raconte-t-il. Pas de soucis en revanche pour le cuisinier de l’année Benoît Carcenat, arrivé un peu plus tard: «Nous étions complets pour le service du midi, mais maintenant je suis content d’être ici», dit le joyeux chef français.

Texte: David Schnapp | Photos: Adrian Ehrbar

Speed-dating – lunch chez Stéphane Décotterd

Top chrono à Glion: servis en 90 minutes, les nouveaux lunchs de la Maison Décotterd sont irrésistibles.

DE L’ESTRAGON AU LIEU D’AGRUMES

A la 47ème minute, je suis tombé amoureux d’une tranche de féra pochée dont la chair se détache en lamelles, servie avec un salsifis en croûte et du beurre blanc, le tout parfumé de gouttes d’huile d’estragon idéalement dosées. «Comme je cuisine presque sans agrumes, j’aime tirer parti de l’acidité anisée de l’estragon», explique le chef Stéphane Décotterd. On apprécie d’autant plus que la petite casserole en cuivre reste sur la table, histoire de pouvoir se resservir.

 

DÉJEUNER RAPIDE

Il y a quelques semaines, Stéphane Décotterd lançait son menu d’amuse-bouche. Dans son restaurant de Glion, où la vue sur Montreux et le lac Léman est à couper le souffle, il s’explique: «Jusqu’à présent, il n’y avait qu’un business lunch plutôt court et le menu dégustation, alors j’ai pensé proposer une troisième option». Car au déjeuner les habitudes de consommation ont changé. Cinq fois par an, cette nouvelle offre sera adaptée à la saison et le chef promet de la servir en 90 minutes. Réaliste? Nous avons testé pour vous.

 

DU BLANC POUR SE DÉTENDRE

Le déjeuner commence à midi pile avec un verre de Saint-Saphorin bien frais, histoire de détendre l’atmosphère. Il est accompagné des premières bouchées à déguster avec les mains qui répondent idéalement au vin: une tartelette croustillante à la crème de chou-fleur, roquette et câpres frites; une boulette de pâte à choux au safran fourrée à la moutarde de Bénichon; un biscuit à deux étages à la crème double de gruyère et au fromage.

AIMEZ-VOUS LE COOL-JAZZ?

À 12h20, une tranche de pain et du beurre salé arrivent sur la table sans trop de fioritures. Mais que peut-on demander de plus quand la croûte du pain est si croustillante et le beurre si savoureux? Un autre fond sonore que «Hunting high and low» d’A-ha en version jazz cool, peut-être?

FRISSONS DE PLAISIR

Après une délicieuse entrée en matière de tartare de truite à la crème de cresson et capucine, arrive la deuxième entrée. Il est 12h37. Bien qu’elle soit froide, j’ai chaud et des frissons de plaisir devant un tartare de crevettes crues au cresson, recouvert d’une gelée de betteraves. Un peu de yaourt maintient les arômes iodés et frais.

RIS DE VEAU ET CŒUR DE LAITUE

Après la féra, puis un ravioli fourré à la truffe et au séné, le plaisir de la dégustation est intact. Mais je commence à m’inquiéter pour le timing. Est-ce qu’un plat principal et un dessert peuvent encore arriver sans stress ? Voici un verre de merlot, également de la région, accompagnant une assiette en forme de bateau: ris de veau rôti et gnocchi verts, s’y rencontrent avec des feuilles de cœur de laitue et de la crème verte. Verte? Oui, car la sauge est l’une des autres herbes préférées de Décotterd en hiver.

 

DU CAVIAR POUR LA FIN

Le speed-dating en est maintenant à ses dernières minutes et mes joues commencent à rosir. Mais à 13h31, le dessert de Christophe Loeffel («Pâtissier de l’année» 2021) arrive sur la table, dans les temps. Servi dans une boîte de caviar, le caviar de cacao et la ganache au chocolat cachent des morceaux de poire marinés et un biscuit.

 

JE VEUX LE REVOIR

Qu’il faille ensuite consacrer quelques minutes de plus pour ponctuer  cette rencontre enchanteresse de midi d’un café et de mignardises, personne n’y verra sans doute à redire. En tous les cas, moi, j’espère avoir le plaisir d’une nouvelle visite chez Stéphane Décotterd très bientôt!

 

www.maisondecotterd.com

 

Texte : GaultMillau Suisse

Mérite Culinaire Suisse

DES TALENTS DISCRETS

En Suisse romande, ils font partie de ces artisans hors-pair qui pratiquent leur art sans faire de vagues et qui tutoient l’excellence depuis des années. Les cuisiniers Franck Reynaud et Pierrick Suter, ainsi que le chocolatier David Pasquiet, ont désormais un autre point commun: lundi à Berne, ils ont reçu un Mérite culinaire suisse. Un chocolatier? Oui, car après trois ans à valoriser les cheffes et chefs de cuisine, la Fondation pour la Promotion du goût, qui chapeaute ce prix honorifique, a «décidé d’étendre sa reconnaissance d’excellence en honorant également le métier de pâtissier-confiseur». Le chocolat, symbole helvétique par excellence, était alors inévitable! Nouveaux membres du jury, la pâtissière Felicia Ludwig (Pâtissière de l’année 2022 et Patrick Bovon ont reçu d’emblée un Mérite culinaire.

L’AVANT-GARDE ALÉMANIQUE PRIMÉE

Présents au Bellevue à Berne pour la remise des prix et l’allocution du conseiller fédéral Guy Parmelin, Franck Reynaud et Pierrick Suter ne cachaient pas leur joie: «C’est un vrai plaisir de recevoir un tel prix, qui est une reconnaissance nationale par nos pairs», estime le chef de Lucens. De l’autre côté de la Sarine, ce sont Silvia Manser et Dominik Hartmann qui décrochent un Mérite. La cheffe du Truube, à Gais (AI), et le jeune talent du Magdalena, à Rickenbach (SZ), affichent tous deux 17 points et ont fait la différence grâce à leur modernité et leur audace. Le second, venu recevoir son prix avec sa toute jeune fille, étant même devenu, l’automne dernier, le premier chef dans nos pages à proposer une cuisine entièrement végétalienne.

GÉRARD RABAEY HONORÉ

Côté sucré, si David Pasquiet «caracole dans le top 10 des meilleurs chocolatiers du monde» selon le jury national, l’artisan tessinois Giuseppe Piffaretti (La Bottega del Fornaio, Mendrisio) «continue d’impressionner par sa constance, son professionnalisme et sa capacité à transmettre». Celui que tout le Tessin surnomme «Mastro Piff» se réjouit de faire découvrir la pâtisserie de sa région aux épicuriens qui passeront un week-end dans le canton italophone. Lors de cette quatrième édition du Mérite culinaire, un hommage a été rendu à Gérard Rabaey, ancien chef du Pont de Brent (ex-19/20 et 3* Michelin) à la retraite depuis 2011. Tout sourire et «heureux de voir la gastronomie suisse être aussi dynamique», le double Cuisinier de l’année (1989 et 2004) décroche un Mérite culinaire d’honneur, reconnaissance du jury envers «l’un des pères fondateurs de la grande gastronomie moderne en Suisse».

 

www.meriteculinaire.ch

 

Texte : GaultMillau Suisse