Franck Pelux à la tête de La Table du Lausanne Palace

Photo : @Anthony Demierre

Le talentueux chef Franck Pelux et sa compagne Sarah Benahmed, responsable de salle, ont l’habitude de travailler main dans la main et ce, depuis de nombreuses années. Dans une interview exclusive, le couple évoque les inspirations de leurs voyages et les moments forts de leur parcours à deux qui les ont menés dans cette nouvelle aventure : La Table du Lausanne Palace. Interview.

Grandes Tables Suisses : Quel est votre premier souvenir lié à la cuisine ? 

Franck Pelux : Toute mon enfance, je l’ai passée dans le restaurant familial. J’ai littéralement grandi dans les casseroles et c’est lors de ces moments en famille que j’ai réalisé mes premiers pas en cuisine.

GTS : Fermez les yeux et pensez à deux plats…
Quel est le plat de votre enfance ? 

FP : La blanquette de veau de ma mère, ma madeleine de Proust.

Quel est votre plat « pêché mignon » ? 

FP : Le chocolat, j’adore ça !

GTS : Quand avez-vous su que vous vouliez devenir cuisinier ? 

FP : J’ai toujours su que je deviendrais un jour cuisinier. Cela a toujours été une vocation, quelque chose d’inné et de logique pour moi. Je ne me suis jamais posé la question de savoir ce que je voulais faire d’autre de ma vie. 

GTS : Devenir cuisinier est une longue route ; pouvez-vous nous évoquer cinq moments forts de votre phase d’apprentissage qui ont précédé votre arrivée au Palace ? 

FP : Nous avons connu de nombreux moments forts, mais à choisir, je dirais:

  • Nos cinq saisons passées à la Vague d’Or à St-Tropez. Nous sommes arrivés avec le Chef Arnaud Donckele dans une maison en plein boom, qui allait chercher les 3 étoiles. Ce fut une expérience incroyable. 
  • L’ouverture d’un restaurant à Singapour pour le Chef Laurent Peugeot. Avec Sarah, nous étions très jeunes, et c’est une expérience qui nous a fait grandir et qui nous a permis de découvrir la gastronomie au-delà des frontières. 
  • Nos années en Chine, au Temple Restaurant Beijing. Ce fut une expérience terriblement dure mais aussi incroyablement riche et pleine de partages et de rencontres. 
  • La reprise de l’institution Le Crocodile à Strasbourg, et toute la pression qui accompagnait cette aventure. 
  • Notre arrivée à Lausanne.

GTS: Quel est le meilleur conseil que vous avez reçu d’un chef ? 

FP : Le meilleur conseil qu’un chef ait pu me donner, c’est qu’il faut toujours se remettre en question et toujours continuer à travailler. C’est au moment où l’on pense être bon que l’on régresse. La réussite est une remise en question de tous les jours. 

GTS: Qui est votre maître à penser en termes de gastronomie et pourquoi ?

FP : Les Chefs avec qui j’ai travaillé, Yannick Alleno et Arnaud Donckele. Ils m’ont imprégné de leur univers, de leur conception de la cuisine et de leur vision de la gastronomie. 

GTS : Vous venez de débuter au Palace avec La Table, qu’avez-vous souhaité insuffler au lieu ? 

FP : Pour La Table, nous avons voulu apporter nos expériences et notre amour pour ce métier, tout en imposant notre personnalité en créant un cadre chaleureux. La Table est un restaurant qui nous ressemble ; simple, cassant l’image que l’on peut se faire des palaces. Ici, on veut accueillir nos clients comme dans une auberge, comme à la maison.

La Table est un restaurant qui nous ressemble ; simple, cassant l’image que l’on peut se faire des palaces. Ici, on veut accueillir nos clients comme à la maison.

Franck Pelux
Photo : @Anthony Demierre

GTS : Si vous deviez décrire la cuisine que vous y réalisez en quelques phrases, quelles seraient-elles ? 

FP : Il s’agit d’une cuisine de terroir. Nous tentons de nous inspirer au maximum de la richesse du terroir suisse tout en l’agrémentant de nos expériences, de nos envies, de nos voyages, de nos amours, de nos coups de cœur. C’est une cuisine voyageuse sublimée par des produits locaux.

Photo : dr

GTS : Quels sont vos plats coups de cœur à la carte ? 

FP : Je n’ai pas vraiment de plat coup de cœur mais si je devais en nommer deux, ce serait : 

Le Tourteau, souvenir d’une ruelle Hong-Kongaise car c’est un plat qui représente bien notre histoire ; et La Belle Sole Meunière de Bretagne car c’est un plat rassurant.

GTS : Quelle cuisine vous inspire ? 

FP : La cuisine qui nous inspire est la cuisine asiatique dans son ensemble. Plus particulièrement la cuisine japonaise et taïwanaise. Ce sont deux univers qui nous plaisent énormément. Nous sommes tombés amoureux de cette culture, de la passion portée au produit, et de la perfection apportée à chaque détail. 

GTS : Vous travaillez avec votre compagne, quel est le rôle de chacun de vous ?

FP : Avec Sarah, nous avons la chance de travailler main dans la main. Bien que nous ayons chacun notre univers, nous formons un binôme et travaillons essentiellement ensemble. Que ce soit pour le choix des plats mis à la carte ou encore la création d’une mise en scène pour la salle, nous faisons tout à deux.

Photo : @Anthony Demierre

GTS : Comment vous ressourcez-vous et où trouvez-vous vos inspirations ? 

FP : Nous nous ressourçons essentiellement chez nous, en famille ou avec des amis. L’inspiration, quant à elle, peut venir de n’importe où – principalement de nos souvenirs, de nos voyages, et de la découverte des produits locaux et des artisans passionnés de la région. 

Retrouvez toutes les informations sur La Table du Lausanne Palace sur leur site internet : https://www.lausanne-palace.ch/restaurants-bars/la-table-du-lausanne-palace/sarah-franck-et-sebastien/ 

Photo : @Adrian Ehrbar

Autour du monde avec Peter Knogl

Peter Knogl, chef triplement étoilé du restaurant Cheval Blanc du Grand Hôtel Les Trois Rois à Bâle (19 points au GaultMillau), ne cesse de surprendre ses convives par la créativité de ses réalisations culinaires. Souvent inspirés par la cuisine du monde, le chef aime réunir différentes cultures au sein d’une même assiette, promettant ainsi un voyage rempli d’arômes et de saveurs. Évadez-vous dans le monde gastronomique de Peter Knogl en lisant notre interview.

Photo : @Adrian Ehrbar

Grandes Tables Suisses : Quelle inspiration exotique pouvons-nous découvrir dans votre nouveau menu ?

Peter Knogl : Un nouvel Amuse-Bouche : Macaron cumin/melon/sardine.

GTS : On parle souvent du voyage comme source d’inspiration pour les chefs ; quel est le voyage qui a le plus marqué votre vie et pourquoi ?

PK : C’était un voyage à Tokyo en 2010, où la culture et la qualité des produits m’ont beaucoup inspiré. Une expérience marquante a été le marché aux poissons locaux.

GTS : Votre cuisine est ponctuée de notes asiatiques ; quelle est votre cuisine asiatique préférée et quel plat aimez-vous particulièrement et pourquoi ?

PK : Les produits japonais et la saveur Umami m’inspirent chaque fois à nouveau. Je ne peux pas l’exprimer par un plat en particulier. J’aime aussi la cuisine thaïlandaise, notamment la réduction à l’essentiel qui la rend si particulière à mes yeux.

GTS : Quel est votre plat signature inspiré de l’Asie ?

PK : Le Wagyu, en tant que produit japonais – avec un jus de bœuf aux saveurs asiatiques. Les deux continents trouvent ainsi une parfaite harmonie.

GTS : Quelle autre cuisine du monde vous inspire et pourquoi ?

PK : La Thaïlande m’intéresse et m’attire beaucoup en raison de la variété de ses saveurs, de ses parfums et de ses épices.

GTS : La cuisine méditerranéenne apparaît aussi souvent dans vos plats, dites-nous ce que cette cuisine apporte à vos plats ?

PK : J’ai vécu et travaillé dans les pays méditerranéens pendant 10 ans, donc cette région me fascine beaucoup. C’est surtout la légèreté des plats que la cuisine méditerranéenne a à offrir qui me plait particulièrement.

GTS : Pourquoi le mélange de la cuisine asiatique et européenne est si intéressant en termes de saveurs ?

PK : La cuisine asiatique est légère, réduite à l’essentiel et apporte la note Umami, tandis que la cuisine européenne apporte la touche classique. Nous combinons les deux dans un même plat.

GTS : Quelle est la cuisine que vous n’avez pas encore expérimentée dans vos plats mais que vous aimeriez explorer ?

PK : La cuisine péruvienne ! J’aimerais voyager au Pérou un jour, si c’est encore possible.

Le restaurant Cheval Blanc du Grand Hôtel Les Trois Rois est à nouveau complètement ouvert dès le lundi 31 Mai. Retrouvez toutes les informations sur leur site internet :

https://www.lestroisrois.com/fr   

https://www.chevalblancbasel.com/fr

Photo : @Adrian Ehrbar

L’histoire d’un mythe

Franck Giovannini, chef trois étoiles de l’Hôtel de Ville de Crissier, n’a pas lésiné sur le travail ces derniers mois puisqu’il a créé une pièce dédiée à l’histoire de cet établissement légendaire. Un lieu de transmission de grands chefs en grands chefs.

Photo : @Adrian Ehrbar

Grandes Tables Suisses: Comment avez-vous imaginé cette salle dédiée à l’histoire du restaurant?

Franck Giovannini: J’y pensais depuis un moment, je ne voulais pas qu’il y ait que des photos, j’aimais l’idée d’avoir des menus à travers le temps, des articles de journaux, des récompenses ou encore de la vaisselle datant de l’époque Frédy Girardet. J’ai par exemple trouvé une carte datant de 1969 dans laquelle on peut voir que Frédy Girardet débutait ce virage vers la gastronomie avec de la sole ou encore des langoustines. D’ailleurs, il raconte volontiers qu’en 1968, il s’était rendu chez les chefs Bocuse et Troisgros et qu’il avait senti qu’un mouvement se créait dans la haute gastronomie. Il en est revenu avec l’idée de faire évoluer la cuisine aussi en Suisse. Dans les années 1970, il a donc débuté ce virage en créant ses premiers menus.

GTS: Avez-vous trouvé des éléments inconnus jusqu’alors?

FG: J’ai réussi à retracer l’histoire de la Maison. En 1928, ils ont cassé la Maison Communale pour construire la bâtisse actuelle.  J’ai trouvé les plans d’origine dessinés à la main d’une grande précision. On découvre qu’il y avait la poste au rez-de-chaussée et l’appartement du postier au dernier étage. La maison s’est agrandie au fur et à mesure du temps. C’est assez incroyable de découvrir le nombre de détails, de photos et d’objets que l’on a pu retrouver, et ce, à travers les archives de l’Hôtel de Ville, la famille, les proches et les clients. J’ai aussi fait tailler dans un tronc d’arbre les montagnes suisses avec les dates clefs de la Maison. Du commencement avec Benjamin Girardet en 1955 à nos jours afin de rendre hommage à l’histoire mythique du lieu.

GTS: Quelle a été la réaction de Monsieur Girardet en découvrant cette pièce?

FG: Il était ému. Au départ, nous lui avons bien expliqué la démarche et il s’est rapidement pris au jeu en nous donnant de la matière pour avancer.

GTS: Comment allez-vous utiliser cet espace?

FG: Nous ne souhaitons pas en faire une table d’hôte, mais plutôt un lieu de rencontres pour des sociétés qui souhaitent faire des réunions avant ou après un repas. Mais c’est aussi un endroit où l’on peut prendre l’apéro. Le but est que cet espace reste convivial.

GTS: Aujourd’hui, après des mois de travail, que pensez-vous de ce musée?

FG: Je suis très heureux de voir tout ce que nous avons pu réunir et ce que les passionnés et amis nous ont ramené. Et je suis persuadé que ce n’est pas fini, car plusieurs éléments vont s’ajouter au fur et à mesure du temps. Le but est que cet espace évolue constamment. Nous sommes fiers et émus d’avoir construit, trié et découpé nous-mêmes tous ces instants du passé qui restent gravés dans nos mémoires. Mais surtout, je suis heureux qu’il ressorte de cet espace un sentiment positif et joyeux, vu que notre but est de faire perdurer le savoir-faire et l’excellence de cette maison légendaire!

Plus d’informations sur l’établissement : https://www.restaurantcrissier.com/

La recette printanière de Cristian Moreschi

Crédit photo : Adrian Ehrbar

Pour Cristian Moreschi, chef du restaurant de l’Hôtel Villa Principe Leopoldo, les efforts de cette année particulière ont été amplement récompensés, puisque le jeune chef décroche sa première Étoile au guide Michelin. Aujourd’hui, il partage avec les lecteurs et lectrices des Grandes Tables Suisses une délicieuse recette de filet de veau en croûte de pain, artichauts et girolles, à reproduire à la maison ! 

Chef Cristian Moreschi. (Crédit photo : Adrian Ehrbar)

Grandes Tables Suisses : Vous venez de remporter votre première étoile Michelin, félicitations ! Comment avez-vous accueilli cette nouvelle ? Est-ce un rêve qui devient réalité ? 

Cristian Moreschi : Merci beaucoup ! Oui, c’est un rêve devenu réalité, qui est d’autant plus spécial car il se réalise au terme d’une année vraiment compliquée. Nous accueillons cette étoile comme une magnifique récompense qui salue le travail de notre incroyable équipe de professionnels.

GTS : Le printemps s’installe gentiment. Quels sont les types d’ingrédients que vous aimez cuisiner en cette saison ? Pour quelle raison ? 

CM : Nous travaillons actuellement sur le menu du printemps pour la réouverture, et je dois dire qu’avec l’avènement de cette saison, nous avons beaucoup de produits de bonne qualité en particulier les asperges, l’ail sauvage et tous les fruits saisonniers ; c’est une saison qui donne particulièrement libre court à la créativité et à l’imagination ! 

Le vert est la couleur du printemps en gastronomie, et c’est également la couleur de l’espoir. J’espère que cette année, elle symbolisera également l’espoir d’un avenir disons plus «normal».

Hôtel Villa Principe Leopoldo

GTS : Qu’allez-vous proposer pour votre carte printanière à la réouverture prochaine des restaurants ? 

CM : Nous aurons des exclusivités à la carte avec l’arrivée de nouveaux produits, tels que le saumon Ora King et le porc suisse Luma.

GTS : Vous avez concocté une recette pour les lecteurs des Grandes Tables Suisses. Pouvez-vous nous en parler plus amplement ?

CM : J’ai pensé à cette recette (Filet de veau en croûte de pain aux girolles et artichauts) car elle est le résultat de plusieurs expérimentations culinaires et cette création a obtenu d’excellents retours de la part de nos clients.
Les textures et les différentes saveurs des ingrédients rendent le plat vraiment savoureux, et je suis sûr que les lecteurs l’apprécieront !

Retrouvez la recette de Cristian Moreschi ci-dessous : 


Filet de veau à la tessinoise en croûte de pain accompagné d’artichauts et de girolles

Farce de la recette 

  • 100g de viande maigre de veau 
  • 80g de crème fraîche
  • 4 feuilles de basilic

Émincer très finement le veau au couteau, ajouter la crème et enfin le basilic blanchi et émincé.

Croûte de pain 

  • 1 tranche de pain de mie (celui sans croûte)
  • 150g de filet mignon de veau préalablement roulé dans un film transparent 

Étaler légèrement le pain à l’aide du rouleau.
Couvrir de farce jusqu’au 3/4 et enrouler le filet au centre à l’aide du film transparent.
Cuire à cœur au four jusqu’à 50 °C.
Laisser reposer et ensuite faire revenir et terminer la cuisson à l’huile, en retournant afin de rendre la croûte croquante à l’extérieur.

Servir en badigeonnant de jus de viande et garnir le dessus de girolles sautées, de petits légumes et de quelques tranches d’artichauts.
Enfin, dresser l’assiette avec quelques petites feuilles de garniture.


Retrouvez toutes les informations sur le restaurant de l’Hôtel Villa Principe Leopoldo sur leur site internet : https://leopoldohotel.com