Grace à sa créativité et son esprit innovant, Laurent Eperon sublime avec élégance les plats qu’il propose au sein du restaurant de l’Hôtel Baur au Lac, Le Pavillon. Le chef aux 2 étoiles Michelin et 18 points GaultMillau est une personnalité lumineuse pour qui le sens du partage est primordial. En attendant la réouverture de son restaurant, il partage aujourd’hui avec les lecteurs des Grandes Tables Suisses ses bonnes adresses zurichoises.
Crédit photo : Adrian Ehrbar
Grandes Tables Suisses: Quel est le restaurant à ne pas manquer si on est de passage à Zurich, et quel est le plat a y déguster?
Laurent Eperon: Sans hésiter le restaurant Rico’s, à Küsnacht ZH. Tous des plats sont d’une perfection enviable du point de vue gustatif, authentiques et dans le respect des techniques culinaires. Finalement, et pour ne rien gâcher, j’adore la signature très colorée du chef Rico Zandonella – à l’image de sa personnalité!
GTS: Où peut-on savourer les meilleures spécialités zurichoises et suisses?
LE: Au Restaurant zum Kropf, In Gassen 16. dans le Kreis 1. L’ambiance y est baroque à souhait et ce lieu est une véritable institution à la zurichoise. Ou alors le Schmiedstube, à Bülach. En plus de la nourriture typique, j’aime l’ambiance «café-restaurant du village» qu’inspire cet endroit à 20 kilomètres du centre-ville.
GTS: Quelle est votre bonne adresse pour des vrais pasta à l’italienne?
LE: J’ai de la chance, le restaurant Il Tartufo, Lavaterstrasse 87, dans le Kreis 2, se trouve dans mon quartier. L’ensemble des plats est fait maison et avec amour, un pur délice!
GTS: Quel est votre restaurant exotique préféré et pourquoi?
LE: LeHATO – Fine Asian Cuisine, Brandschenkestrasse 20, également dans mon quartier. Je connais très bien le chef. Il propose une cuisine asiatique qui a du flair avec des saveurs qui donnent du plaisir en bouche. A tester!
GTS: Si l’on souhaite un bon repas sur le pouce à midi, quelle adresse recommandez-vous?
LE: Hatecke Metzgerei & Ustaria, Usteristrasse 12, Kreis 1. A la fois une boucherie avec exclusivement de la viande de provenance du canton des Grison, mais aussi un petit restaurant avec un service très agréable et la possibilité d’acheter à l’emporter. Pour moi, c’est indéniablement le meilleur tartare de bœuf coupé au couteau de Zurich!
Le GaultMillau a rencontré Matthias Brunner, chef du restaurant Gasthof Sternen à Wangen bei Dübendorf, qui a réalisé à cette occasion une succulente recette de Tipala, ricotta et thym (Tipala Zwetschge, Ricotta, Thymian). Sa cuisine tout en douceur, en finesse et en simplicité promet une expérience culinaire inoubliable et un voyage gustatif pour ses hôtes.
En attendant, de pouvoir se rendre à nouveau dans le légendaire Badstube du restaurant, Matthias Brunner vous accompagne pas à pas dans la réalisation de cette délicieuse recette et vous confie ses plus précieuses astuces. Mais son conseil le plus important est sans aucun doute le suivant : «L’essentiel n’est pas seulement de répliquer un plat, mais d’y apporter votre propre signature.»
Depuis les premiers jours jusqu’à aujourd’hui, c’est toujours la passion qui a accompagné le chef Didier de Courten. La passion d’innover, celle de partager. Un amour pour la cuisine qui lui a valu une reconnaissance indétrônable auprès de sa clientèle, 2 étoiles Michelin et 19 points au GaultMillau. Alors qu’il avait décidé, il y a quelques temps, de fermer son établissement gastronomique «Le Terminus» pour mettre en lumière en 2021 «L’Atelier Gourmand» et son concept de gastronomie accessible, la Covid-19 l’a malheureusement obligé d’arrêter provisoirement son restaurant. Interview.
« Le Conseil fédéral semble oublier les métiers de bouche qui sont derrière les restaurants. »
Didier de Courten
Crédit photo : Sedrik Nemeth
Grandes Tables Suisses: Cette fin d’année n’a pas été exactement celle attendue par vous compte tenu de la fermeture due à la pandémie… Comment vivez-vous cette période depuis lors?
Didier de Courten: Il est vrai que 2020 fut une année très particulière pour nous dès le mois de mars. En avril, j’ai pris le temps de la réflexion. J’avais l’intention depuis un moment de repositionner le concept de mon établissement qui regroupait un restaurant gastronomique et une brasserie, ce qui ne me semblait plus dans l’air du temps. Finalement, la décision fut prise à ce moment-là.
GTS: Vous deviez mettre en avant jusqu’au 19 décembre vos plats signatures, vous avez malheureusement dû fermer le 6 novembre. Est-ce que vous souhaitez, lors du retour à la normale, clôturer ce qui ne l’a pas été?
DdC: Nous aurions aimé finir en beauté et nous avons terminé en queue de poisson, ça, c’est l’aspect négatif. L’aspect positif de cette période est que cela nous a permis d’avoir plus de temps pour réfléchir à notre activité. Nous devions ouvrir début janvier l’Atelier Gourmand, car nous sommes prêts, mais nous attendons toujours les décisions du Conseil fédéral. La plus grande frustration pour nous est que cette situation empêche l’évolution au sein de notre équipe. Une énergie très positive qui nous permet de progresser et de créer ensemble de nouveaux plats. Cette situation est anxiogène. Nous n’avons pas de nostalgie du restaurant gastronomique, car nous savons que la même qualité attendra notre clientèle lors de la réouverture de l’Atelier Gourmand. Heureusement, j’ai la chance de regorger d’activités annexes qui me permettent de conserver un équilibre de vie: je fais partie de plusieurs organisations et à côté de cela j’aime m’aérer l’esprit en allant courir et m’occuper du bétail. Mais je me réjouis de retrouver une vie normale.
GTS: Une situation qui vous touche tout particulièrement, d’ailleurs, puisque vous avez entrepris des actions afin de mettre en lumière «les oubliés» de cette crise…
DdC: Depuis l’arrivée de la Covid-19, j’ai toujours clamé ma voix auprès des politiciens et des médias. Ce n’est pas uniquement un problème économique, c’est aussi un problème physiologique. Les établissements qui ont fermé ont été mis en avant, mais ceux que le Conseil fédéral semble oublier les métiers de bouche qui sont derrière les restaurants. Ces agriculteurs et artisans qui vivent grâce à la restauration et se retrouvent dans des situations très précaires. Pour rappeler cela, nous avons réalisé une vidéo avec un photographe afin de lancer le mouvement et sensibiliser les politiques à cette situation. Au-delà des demandes d’indemnisation, il y a des gens qui souffrent. Il doit y avoir une conscience collective de consommer local auprès de ces gens plutôt que de valoriser des grands distributeurs qui n’ont pas souffert de la pandémie, bien au contraire. Je pense à tous ces gens, mais aussi aux apprentis de cuisine qui se sont retrouvés sans formation du jour au lendemain et qui doivent, dans quelques mois, passer leurs diplômes. Le Conseil fédéral doit ouvrir les yeux sur tout cela et trouver des solutions adéquates pour l’ensemble des corps de métier touchés.
GTS: Votre but est de vous concentrer désormais sur l’Atelier Gourmand. Parlez-nous de l’avancement de ce projet?
DdC: Nous avions déjà l’Atelier Gourmand où nous avons très bien travaillé. Notre but est de proposer le midi aux convives de venir déjeuner au sein de la salle déjà présente et de manger le soir dans un espace plus feutré réunissant un accueil, un lounge.
Nous aimerions faire vivre des expériences aux convives: un concert de musique classique, un écrivain qui vient échanger avec les invités. Le but est de ne pas offrir que des expériences pour les papilles, mais d’éveiller tous les sens de nos clients. Je pense que la gastronomie doit désormais être décomplexée et se rendre plus accessible sous différents aspects, notamment celui du service.
«Avec l’Atelier Gourmand, nous aimerions faire vivre des expériences aux convives»
Didier de Courten
Côté cuisine, nous allons proposer des fromages plus locaux, une carte des vins plus accessible et une cuisine misant sur la saisonnalité. Mais il est important pour moi de ne pas focaliser uniquement sur l’aspect local, car c’est le mélange des saveurs du monde qui éveille mon inspiration. Dans l’équipe nous serons désormais 30 contre 46 précédemment, mais pour chacun la même rigueur, la même excellence et l’envie de création sont intactes. Les gastronomes retrouveront donc toute l’essence de notre restaurant au sein de l’Atelier Gourmand.
GTS: Si vous deviez énumérer trois moments forts qui ont marqué votre carrière au Terminus, quels seraient ceux-ci?
DdC: En premier je citerai l’ouverture. Un moment très fort et émouvant. Un retour aux sources pour moi qui avait fait mon apprentissage dans cette maison, vingt-cinq ans plus tôt…
Ensuite, c’est le moment où j’ai été nommé cuisinier de l’année en 2007. J’ai rejoint le cercle des 19 points et ce fut une reconnaissance très forte de la profession. J’étais alors aux côtés de références telles que Gérard Rabaey, Philippe Rochat, Bernard Ravet ou encore Roland Pierroz. Tout un symbole. Le dernier moment est celui où j’ai pris la décision de changer d’optique pour ma cuisine. Ce jour-là, j’ai écouté la petite voix au fond de mon âme. L’annoncer, aller au bout de la démarche, espérer que les gens la comprennent, évoluer, toujours. Aujourd’hui je sais que les gens ont saisi toutes les nuances de ma décision, ce qui est très important pour moi. Je n’attends qu’une chose, pouvoir continuer à faire vivre des expériences gastronomiques hors du commun à notre clientèle lors de l’ouverture de l’Atelier Gourmand.
Restez connectés au site du restaurant et hôtel de Didier de Courten afin de pouvoir réserver dès l’ouverture sur: https://www.hotel-terminus.ch/fr/
Oui Chef ! Avec Mathieu Biolaz & Nelson Bonvin - 10 Fév 2021
Mathieu Biolaz, chef du restaurant Les Touristes à Martigny et Nelson Bonvin, directeur de salle, vous accueillent derrière leurs fourneaux pour une nouvelle émission Oui Chef ! Le duo réalise un crumble aux pommes et spéculos : aussi appétissant visuellement que gustativement, ce dessert savoureux et intemporel réchauffera votre hiver !
Nelson Bonvin vient sublimer cette création grâce à ses connaissances en œnologie, et recommande d’accompagner cette gourmandise sucrée d’une Petite Arvine de Marie-Thérèse Chappaz, à Fully.
Une recette simple et savoureuse à réaliser chez soi, en attendant la réouverture du restaurant Les Touristes à Martigny !